Beaucoup d'épargnants considèrent que l'assurance-vie est toujours plus avantageuse fiscalement que le compte-titres ordinaire (CTO). C'est globalement vrai — mais avec des exceptions précises qui peuvent changer la donne selon votre TMI, votre horizon et vos objectifs de revenus.
Assurance-vie : aucune fiscalité tant qu'aucun rachat n'est effectué. À la sortie, PFU à 30 % ou option pour le barème. Au-delà de 8 ans, abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) et taux préférentiel de 24,7 % sur les versements inférieurs à 150 000 €.
Compte-titres : imposition immédiate des revenus (dividendes, coupons, loyers de SCPI détenues directement) et des plus-values lors de la cession. PFU 30 % par défaut, option barème possible.
Sur le papier, l'assurance-vie est imbattable grâce à la capitalisation différée. Mais trois cas changent la perspective.
Pour un contribuable à TMI 11 % qui veut percevoir des revenus réguliers, le calcul s'inverse partiellement. En assurance-vie, chaque rachat déclenche le PFU à 30 % sur la part de plus-value. En CTO, les revenus sont imposés à la TMI (11 %) + prélèvements sociaux (17,2 %) = 28,2 %. L'écart se réduit nettement, et selon les frais du contrat, le CTO peut devenir préférable.
Le CTO permet d'imputer les moins-values mobilières d'une ligne sur les plus-values d'une autre, et de reporter les moins-values 10 ans. C'est impossible en assurance-vie. Pour un épargnant qui a subi des pertes sur des actions cotées, le CTO offre un levier d'optimisation que l'assurance-vie ne propose pas.
Important : une ligne de SCI détenue en assurance-vie ne peut PAS être « transférée » directement vers un compte-titres. Les UC du contrat appartiennent juridiquement à l'assureur. Seul un rachat partiel ou total permet de sortir des fonds — ce qui déclenche la fiscalité de l'assurance-vie (PFU 30 % ou option barème) sur la part de plus-value.
Pour les épargnants détenteurs de SCI en assurance-vie concernés par le décret de mai 2026, la démarche se déroule en deux temps :
– 1. Rachat de l'assurance-vie : total ou partiel selon la stratégie. La fiscalité est calculée sur la part de plus-value du rachat, en tenant compte de l'ancienneté du contrat (abattement 4 600 € / 9 200 € après 8 ans).
– 2. Réinvestissement en compte-titres : les liquidités issues du rachat peuvent être réinvesties en parts de SCPI ou SCI détenues directement — mais cette détention est soumise à une condition technique souvent ignorée.
La détention de parts de SCI ou SCPI en compte-titres n'est possible que si l'établissement bancaire accepte la tenue des parts en « nominatif administré ». Toutes les banques ne le proposent pas — c'est souvent l'apanage des banques privées et de certains courtiers spécialisés. À vérifier impérativement avant d'engager le rachat de l'assurance-vie.
Si la banque accepte cette tenue, l'épargnant bénéficie alors de la fiscalité directe des revenus fonciers et de l'abattement pour durée de détention sur les plus-values de SCPI détenues plus de 22 ans. Si elle refuse, deux alternatives existent : arbitrage intra-assurance-vie vers une SCPI éligible ou conservation jusqu'à la sortie naturelle du contrat.
Pour les TMI à 41 % ou 45 %, l'assurance-vie reste largement plus favorable : le PFU 30 % du contrat plafonne l'imposition, là où la fiscalité directe du CTO ferait subir la TMI + prélèvements sociaux (58,2 % à 62,2 %).
Pour les enjeux successoraux non saturés (abattement 152 500 €/bénéficiaire avant 70 ans), l'assurance-vie conserve son atout unique de transmission hors succession.
Pour les épargnants sans besoin immédiat de revenus, la capitalisation différée rend l'assurance-vie imbattable.
| | Assurance-vie préférable | Compte-titres préférable |
| TMI | 41 % ou 45 % | 11 % ou 30 % |
| Ancienneté contrat | > 8 ans | < 8 ans ou neuf |
| Enjeu successoral | Fort | Faible / déjà saturé |
| Besoin de revenus | Aucun | Immédiat / régulier |
| Moins-values à imputer | Sans objet | Disponibles |
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